Mon Bilan Prévention : les kinésithérapeutes peuvent le réaliser dès octobre 2026

Mon Bilan Prévention : les kinésithérapeutes peuvent le réaliser dès octobre 2026

Une nouvelle mission de prévention s’ouvre aux masseurs-kinésithérapeutes. À compter du 1er octobre 2026, les kinésithérapeutes pourront réaliser les rendez-vous du dispositif Mon Bilan Prévention, au même titre que les médecins, infirmiers, pharmaciens et sages-femmes.

Cette évolution est prévue par l’arrêté du 28 juillet 2026 relatif aux effecteurs, au contenu et aux modalités de tarification des rendez-vous de prévention, publié au Journal officiel le 2 août 2026. Le texte inclut explicitement les masseurs-kinésithérapeutes parmi les professionnels autorisés à conduire ces entretiens à partir de son entrée en vigueur, le 1er octobre 2026.

Pour les cabinets de kinésithérapie, cette évolution mérite une attention particulière : elle permet d’intégrer davantage la prévention au parcours du patient, notamment autour de l’activité physique, de la sédentarité, des habitudes de vie et de la prévention de la perte d’autonomie.

Voici ce qu’il faut savoir pour mettre en place Mon Bilan Prévention en tant que kinésithérapeute.

Ce qui change au 1er octobre 2026 pour les kinésithérapeutes

Le dispositif Mon Bilan Prévention n’est pas nouveau. Accessible à l’échelle nationale depuis 2024, il pouvait jusqu’ici être réalisé par quatre catégories de professionnels : médecins, sages-femmes, infirmiers et pharmaciens.

Le kinésithérapeute devient le cinquième professionnel de santé autorisé à réaliser ces entretiens.

L’article 4 de l’arrêté du 28 juillet 2026 inscrit en effet les masseurs-kinésithérapeutes dans la liste des professionnels pouvant réaliser les entretiens de prévention. Le ministère de la Santé a confirmé cette extension dans un communiqué publié le 3 août 2026.

L’Assurance Maladie précise désormais sur son espace professionnel dédié aux masseurs-kinésithérapeutes que cette possibilité s’applique à partir du 1er octobre 2026.

En pratique, cela signifie qu’un kinésithérapeute conventionné pourra recevoir un patient éligible spécifiquement pour ce rendez-vous de prévention et facturer le bilan dans les conditions prévues par la réglementation.

Qu’est-ce que Mon Bilan Prévention ?

Mon Bilan Prévention est un rendez-vous individuel consacré à la prévention et proposé à quatre périodes clés de la vie.

Il ne s’agit donc pas d’une séance de kinésithérapie classique ni d’un bilan centré uniquement sur une pathologie musculosquelettique.

L’objectif est plus large : examiner avec la personne différents déterminants de sa santé, identifier certains facteurs de risque et l’aider à choisir des actions concrètes susceptibles d’améliorer ses habitudes de vie.

Le dispositif permet notamment d’aborder l’activité physique, la sédentarité, l’alimentation, les addictions, la vaccination, les dépistages, le sommeil ou encore certains aspects de la santé mentale et sociale.

Le rendez-vous doit finalement déboucher sur un plan personnalisé de prévention (PPP) élaboré avec le patient.

Quels patients peuvent bénéficier de Mon Bilan Prévention ?

L’éligibilité repose principalement sur l’âge.

L’arrêté définit quatre tranches :

TrancheÂges concernés
Jeunes adultes18 à 25 ans inclus
Milieu de vie45 à 50 ans inclus
Passage à la retraite / vieillissement60 à 65 ans inclus
Seniors70 à 75 ans inclus

Ces quatre tranches d’âge figurent directement à l’article 3 de l’arrêté du 28 juillet 2026.

Un point est particulièrement important pour la facturation : une personne ne peut bénéficier que d’un seul bilan facturable par tranche d’âge, quel que soit le professionnel qui le réalise.

Ainsi, un patient de 47 ans ayant déjà effectué son bilan auprès d’un autre professionnel ne peut pas en effectuer un deuxième auprès de son kinésithérapeute au titre de la même tranche d’âge. L’Assurance Maladie le précise expressément dans ses consignes destinées aux kinés.

Pourquoi intégrer les kinésithérapeutes à Mon Bilan Prévention ?

L’intégration des masseurs-kinésithérapeutes élargit le nombre de professionnels susceptibles de proposer ce rendez-vous aux patients.

Elle est aussi cohérente avec plusieurs thématiques centrales du dispositif, à commencer par l’activité physique et la lutte contre la sédentarité.

L’Assurance Maladie souligne d’ailleurs l’importance de l’activité physique dans l’état de santé, la condition physique, la qualité de vie et le maintien de l’autonomie avec l’avancée en âge.

Le bilan ne doit toutefois pas être réduit à ces seules questions.

Le kinésithérapeute intervient ici dans le cadre général défini pour Mon Bilan Prévention. L’entretien doit permettre une approche plus globale des déterminants de santé du patient.

Quels sujets peuvent être abordés pendant le bilan ?

L’Assurance Maladie identifie plusieurs grands domaines pouvant être explorés pendant le rendez-vous.

Ils comprennent notamment :

  • les antécédents médicaux personnels et familiaux ;
  • l’activité physique et la sédentarité ;
  • l’alimentation ;
  • les addictions et comportements à risque ;
  • certains facteurs associés aux maladies chroniques ;
  • la vaccination ;
  • les dépistages ;
  • le suivi bucco-dentaire ;
  • les variations de poids ;
  • le sommeil ;
  • le bien-être mental et social ;
  • les conditions de travail ;
  • la situation d’aidant ;
  • certaines situations de violences ou de maltraitance ;
  • la prévention de la perte d’autonomie.

L’objectif n’est évidemment pas de résoudre chacune de ces problématiques au cours d’un seul rendez-vous.

Le bilan sert notamment à identifier et hiérarchiser les priorités, puis à orienter la personne lorsque cela est nécessaire.

Comment se déroule Mon Bilan Prévention chez le kinésithérapeute ?

L’Assurance Maladie prévoit une durée de 30 à 45 minutes et structure le bilan autour de trois grandes étapes : repérage, priorisation et plan personnalisé de prévention.

Étape 1 : repérer les facteurs de risque

La première partie consiste à recueillir et examiner les informations utiles concernant le patient.

Le professionnel peut s’appuyer sur l’autoquestionnaire éventuellement rempli en amont et sur les fiches d’aide au repérage mises à disposition pour chaque tranche d’âge.

Il ne s’agit pas uniquement de dresser une liste de risques. L’entretien doit permettre de comprendre les habitudes de vie et le contexte de la personne.

Étape 2 : choisir ensemble une ou deux priorités

Une fois les différents sujets identifiés, le professionnel et le patient déterminent une ou deux priorités de prévention.

Cette notion est importante.

Multiplier les objectifs risque de rendre le plan difficile à appliquer. Le dispositif privilégie une démarche construite avec la personne et adaptée à sa situation.

Le professionnel peut alors utiliser une approche motivationnelle pour aider le patient à identifier des changements réalistes.

Un objectif pourra par exemple concerner l’augmentation progressive de l’activité physique, la diminution de la sédentarité ou l’orientation vers une prise en charge adaptée lorsqu’un autre problème est identifié.

Étape 3 : élaborer le Plan personnalisé de prévention

Le bilan aboutit à la rédaction du Plan personnalisé de prévention, généralement désigné par l’acronyme PPP.

Selon l’Assurance Maladie, celui-ci peut notamment formaliser les objectifs définis conjointement, les éventuels obstacles au changement, les actions à mettre en œuvre et les ressources ou professionnels vers lesquels le patient peut être orienté.

Le PPP transforme donc l’échange en un plan d’action concret.

Comment le patient peut-il préparer son bilan ?

Avant son rendez-vous, le patient peut remplir un autoquestionnaire correspondant à sa tranche d’âge.

Il est disponible via Mon espace santé ainsi que parmi les documents officiels proposés pour le dispositif.

Cet autoquestionnaire porte notamment sur les habitudes de vie et les facteurs de risque. Il peut faciliter l’entretien, mais l’Assurance Maladie précise qu’il n’est pas obligatoire.

Le patient est également invité, lorsque cela est possible, à apporter certaines informations utiles, par exemple ses données de vaccination, ses résultats récents d’analyses ou ses résultats de dépistage.

Pour le cabinet, il peut donc être pertinent d’informer le patient de ces éléments lors de la prise de rendez-vous.

Le Plan personnalisé de prévention : la pièce centrale du dispositif

Le PPP n’est pas un simple compte rendu administratif.

L’arrêté du 28 juillet 2026 indique qu’il est établi par le professionnel en lien avec la personne pendant l’entretien et qu’il est centré sur les thématiques identifiées comme prioritaires. Il formalise un plan d’actions visant un changement des habitudes de vie.

Il doit être remis à la personne à l’issue du rendez-vous.

Le texte réglementaire prévoit également son versement au Dossier médical partagé après information préalable de la personne et sauf opposition de celle-ci ; ce versement vaut remise du PPP. Le texte prévoit en outre une transmission au médecin traitant par messagerie sécurisée, là encore sauf opposition de l’intéressé.

Cette dimension est importante : Mon Bilan Prévention doit s’inscrire dans un parcours de santé coordonné, plutôt que rester un rendez-vous isolé.

Que faire lorsqu’un besoin particulier est identifié ?

Le bilan peut mettre en évidence un besoin qui dépasse son cadre.

Le rôle du professionnel consiste alors notamment à orienter le patient vers la ressource appropriée.

Santé.fr propose à cette fin un annuaire de prévention regroupant différentes ressources relatives, entre autres, à la vaccination, la santé mentale, l’addictologie, la nutrition, l’activité physique, la santé sexuelle et au dépistage.

Pour les personnes de 60 ans et plus, l’Assurance Maladie signale également le programme ICOPE, développé autour du repérage précoce de l’évolution de plusieurs fonctions : mobilité, mémoire, nutrition, vision, audition et bien-être.

L’intérêt du bilan réside ainsi autant dans le repérage que dans l’orientation et le suivi.

Mon Bilan Prévention : quel tarif et quelle facturation pour le kinésithérapeute ?

C’est naturellement l’un des principaux points pratiques à retenir.

À partir du 1er octobre 2026, le tarif réglementaire est :

ÉlémentKinésithérapeute
Tarif en métropole30 €
Tarif dans les DROM31,50 €
Code prestationRDI
Prise en charge100 % par l’Assurance Maladie
Avance de frais patientNon
DépassementNon autorisé

Ces montants et le code RDI applicable aux masseurs-kinésithérapeutes figurent directement dans l’article 5 de l’arrêté.

L’Assurance Maladie précise également qu’aucun acte ni aucune majoration ne peut être facturé en sus par le masseur-kinésithérapeute. Lorsque le bilan est réalisé à domicile, des frais de déplacement peuvent toutefois être facturés dans les conditions prévues par la convention.

C’est une précision importante, car les règles permettant à certaines autres professions de facturer exceptionnellement un acte supplémentaire ne doivent pas être transposées au kinésithérapeute.

Attention à la mise à jour du logiciel

L’Assurance Maladie recommande également aux kinésithérapeutes de vérifier la mise à jour de leur logiciel afin qu’il puisse prendre en charge le code RDI.

C’est probablement l’une des vérifications pratiques à effectuer avant les premiers rendez-vous d’octobre.

Une formation est-elle nécessaire avant de commencer ?

Les professionnels disposent d’une plateforme pédagogique dédiée à Mon Bilan Prévention, proposée par l’École des hautes études en santé publique (EHESP).

Elle permet de se familiariser avec le dispositif et les méthodes utiles à la conduite de l’entretien.

Les ressources officielles comprennent également :

  • un livret d’accompagnement ;
  • des fiches thématiques ;
  • quatre autoquestionnaires adaptés aux différentes tranches d’âge ;
  • des fiches d’aide au repérage des risques ;
  • les modèles de PPP correspondants.

Même pour un professionnel déjà très sensibilisé à la prévention, consulter ces outils avant le premier rendez-vous permet de se familiariser avec le cadre spécifique du dispositif.

Comment faire savoir que son cabinet réalise Mon Bilan Prévention ?

Voici un détail particulièrement intéressant qui n’apparaissait pas clairement dans le mail initial : l’inscription dans l’annuaire Santé.fr n’est pas obligatoire pour réaliser les bilans.

Elle peut néanmoins améliorer la visibilité du professionnel auprès des patients qui recherchent un effecteur.

Le kinésithérapeute qui le souhaite peut se connecter à l’espace professionnel de Santé.fr avec sa CPS ou e-CPS, sélectionner « Bilan prévention » et fournir les renseignements demandés.

Son cabinet pourra alors apparaître dans l’annuaire des professionnels proposant Mon Bilan Prévention.

C’est une démarche à envisager pour les kinésithérapeutes qui souhaitent réellement développer cette activité à partir d’octobre.

Ce qu’un cabinet de kinésithérapie peut préparer avant le 1er octobre

La mise en œuvre peut être anticipée sans attendre le premier patient.

Un cabinet souhaitant proposer les bilans peut notamment consulter la documentation officielle, se familiariser avec les quatre questionnaires et fiches de repérage, étudier le modèle de PPP, vérifier la compatibilité de son logiciel avec le code RDI et décider s’il souhaite apparaître dans l’annuaire Santé.fr.

Il peut également réfléchir à l’organisation de créneaux suffisamment longs puisque l’Assurance Maladie prévoit 30 à 45 minutes pour le rendez-vous.

Enfin, les professionnels peuvent sensibiliser directement les patients appartenant aux tranches d’âge concernées.

Cette dernière possibilité est importante : il n’est pas nécessaire d’attendre qu’un patient parle spontanément du dispositif pour lui signaler son existence.

FAQ sur Mon Bilan Prévention chez le kinésithérapeute

À partir de quand les kinésithérapeutes peuvent-ils réaliser Mon Bilan Prévention ?

À partir du 1er octobre 2026. L’intégration des masseurs-kinésithérapeutes est prévue par l’arrêté du 28 juillet 2026, publié au Journal officiel le 2 août 2026.

Combien le bilan est-il facturé par un kinésithérapeute ?

Le tarif est fixé à 30 € en métropole et 31,50 € dans les DROM. Aucun dépassement d’honoraires n’est autorisé.

Quel code utiliser pour facturer Mon Bilan Prévention ?

Pour un masseur-kinésithérapeute, le code prestation prévu est RDI.

Le patient doit-il payer le bilan ?

Non. Pour les assurés concernés, le bilan est pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie, sans avance de frais.

Combien de temps dure Mon Bilan Prévention ?

L’Assurance Maladie prévoit une durée comprise entre 30 et 45 minutes. Le rendez-vous comprend le repérage des risques, la définition d’une ou deux priorités et l’élaboration du plan personnalisé de prévention.

Un patient peut-il faire un bilan chez son médecin puis un autre chez son kiné ?

Pas pour la même tranche d’âge. Un seul bilan peut être facturé par personne et par tranche d’âge, quel que soit le professionnel choisi.

Quelles sont les tranches d’âge concernées ?

Les personnes concernées ont 18 à 25 ans, 45 à 50 ans, 60 à 65 ans ou 70 à 75 ans, bornes incluses.

Le patient doit-il remplir l’autoquestionnaire avant son rendez-vous ?

Il est recommandé pour préparer l’échange, mais il n’est pas obligatoire. Il est notamment accessible via Mon espace santé.

Le kinésithérapeute doit-il s’inscrire sur Santé.fr ?

L’Assurance Maladie indique qu’aucun enregistrement n’est requis pour réaliser les bilans. L’inscription volontaire permet en revanche d’apparaître dans l’annuaire destiné aux patients.

Peut-on facturer une séance de kinésithérapie en plus du bilan ?

L’Assurance Maladie précise qu’aucun acte ni aucune majoration ne peut être facturé en sus par le masseur-kinésithérapeute. Des frais de déplacement restent possibles lorsque le bilan est effectué à domicile, dans les conditions prévues par la convention.

Conclusion : une nouvelle mission de prévention pour les kinés dès octobre 2026

L’entrée des masseurs-kinésithérapeutes dans Mon Bilan Prévention à partir du 1er octobre 2026 constitue une évolution concrète de leur participation aux actions de prévention.

Le principe est désormais clairement encadré : quatre tranches d’âge, un entretien de 30 à 45 minutes, l’identification des facteurs de risque, une ou deux priorités choisies avec le patient et l’élaboration d’un Plan personnalisé de prévention.

Pour le kinésithérapeute, le bilan sera rémunéré 30 € en métropole ou 31,50 € dans les DROM, sous le code RDI, sans dépassement. Le patient bénéficie pour sa part d’une prise en charge à 100 % sans avance de frais.

Les cabinets souhaitant proposer ces rendez-vous ont donc intérêt à profiter des semaines précédant l’entrée en vigueur pour consulter les outils pédagogiques, préparer leur organisation, vérifier leur logiciel de facturation et, s’ils le souhaitent, se référencer dans l’annuaire Santé.fr.

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