Smartphone au lit, vidéos après les devoirs, réseaux sociaux, jeux vidéo, ordinateur pour travailler : les écrans font désormais partie du quotidien de nombreux enfants et adolescents. Cette présence soulève une question importante pour les familles : peuvent-ils avoir une influence sur le sommeil et, indirectement ou directement, sur les résultats scolaires ?
La réponse est nuancée. Les recherches disponibles mettent en évidence des associations entre certaines utilisations des écrans, un sommeil plus court ou de moins bonne qualité et les performances scolaires. Mais association ne signifie pas automatiquement causalité.
Une revue systématique portant sur 67 études consacrées aux enfants et adolescents a notamment constaté que, dans la grande majorité des études examinées, davantage de temps d’écran était associé à des paramètres de sommeil moins favorables, principalement une durée réduite et un horaire de sommeil retardé. Les auteurs soulignaient toutefois que les données ne permettaient pas toujours de démontrer une relation causale directe.
Une revue systématique publiée en 2022 aboutissait également à une association entre utilisation excessive des écrans numériques chez les adolescents et sommeil plus court ou de moins bonne qualité.
Autrement dit, le problème n’est pas simplement : « un écran entraîne de mauvaises notes ». Le mécanisme potentiel est beaucoup plus complexe :
usage numérique → coucher retardé ou sommeil perturbé → fatigue et somnolence → difficultés d’attention et d’apprentissage → performances scolaires potentiellement affectées.
Le contenu regardé, le moment d’utilisation, la durée, l’âge de l’enfant et ses habitudes générales doivent également être pris en compte.
Pourquoi le sommeil est-il important pour réussir à l’école ?
Dormir n’est pas simplement une période pendant laquelle le cerveau « s’éteint ». Le sommeil participe au bon fonctionnement physique et cognitif.
Chez l’enfant et l’adolescent, une quantité suffisante de sommeil est notamment associée à de meilleurs résultats concernant l’attention, le comportement, l’apprentissage, la mémoire et la régulation émotionnelle.
Ces fonctions sont directement utiles dans une journée d’école.
Un élève doit écouter les consignes, maintenir son attention, comprendre de nouvelles notions, mémoriser des informations puis être capable de les retrouver lors d’un exercice ou d’une évaluation.
Lorsqu’il arrive en classe très fatigué, ces tâches peuvent devenir plus difficiles.
Cela explique pourquoi il est utile de s’intéresser au sommeil lorsqu’un enfant rencontre des difficultés de concentration. Il ne s’agit évidemment pas de conclure que toute baisse des notes provient d’un manque de sommeil : les résultats scolaires dépendent de nombreux facteurs.
La motivation, les méthodes pédagogiques, l’environnement familial, les difficultés d’apprentissage, le stress, les conditions socio-économiques et de nombreuses autres variables peuvent intervenir.
Le sommeil représente donc une pièce du puzzle, et non une explication unique de la réussite scolaire.
Combien d’heures un enfant ou adolescent doit-il dormir ?
Les besoins varient selon l’âge et selon les individus, mais des repères existent.
L’American Academy of Sleep Medicine recommande, sur une base régulière :
| Âge | Durée de sommeil recommandée par 24 h |
| 3 à 5 ans | 10 à 13 heures, siestes comprises |
| 6 à 12 ans | 9 à 12 heures |
| 13 à 18 ans | 8 à 10 heures |
Ces chiffres constituent des fourchettes de référence, pas une garantie individuelle de bonne santé ou de réussite scolaire.
Ils permettent néanmoins de faire un calcul très simple.
Un adolescent qui doit se lever à 6 h 45 pour aller au collège ou au lycée et qui ne s’endort régulièrement qu’après minuit risque d’avoir du mal à atteindre une durée de sommeil située dans la fourchette recommandée.
C’est précisément à ce niveau que les usages numériques du soir peuvent devenir importants.
Comment les écrans peuvent-ils perturber le sommeil ?
Dire que « les écrans empêchent de dormir » est trop simpliste.
Plusieurs mécanismes peuvent intervenir simultanément.
Un coucher retardé
Le premier est particulièrement facile à comprendre : le temps passé devant un écran peut remplacer du temps qui aurait pu être consacré au sommeil.
Un adolescent prévoit de regarder une vidéo de dix minutes. Une autre vidéo lui est proposée. Il répond ensuite à quelques messages, consulte une notification et ouvre un réseau social.
Sans s’en rendre compte, il peut repousser son coucher.
Le problème ne vient alors pas uniquement de l’écran en lui-même, mais du temps qu’il occupe à un moment où le sommeil devrait normalement commencer.
Ce phénomène peut être particulièrement important lorsque le smartphone accompagne l’adolescent jusque dans son lit.
Une stimulation qui se prolonge
Le contenu consommé compte également.
Une discussion animée, un jeu compétitif, une succession de vidéos courtes ou une activité suscitant une forte réaction émotionnelle ne place pas nécessairement l’utilisateur dans les mêmes conditions qu’une activité calme précédant le coucher.
À cela s’ajoute l’exposition lumineuse des appareils, susceptible d’interagir avec les mécanismes biologiques impliqués dans le rythme veille-sommeil.
Il faut néanmoins éviter de réduire toute la question à la fameuse « lumière bleue ». Dans la vie réelle, le déplacement de l’heure du coucher, la stimulation du contenu, les habitudes et la disponibilité permanente du téléphone peuvent aussi compter.
Les notifications et réveils nocturnes
Un téléphone conservé près du lit reste accessible pendant toute la nuit.
Un message, une vibration ou une notification peut inciter l’adolescent à vérifier son appareil. Même sans notification, certaines personnes développent l’habitude de consulter leur téléphone lorsqu’elles se réveillent brièvement.
Une revue systématique de 2022 consacrée aux adolescents a notamment associé l’utilisation excessive des écrans à un sommeil plus court ou de moins bonne qualité, ainsi qu’à des réveils nocturnes, une latence d’endormissement plus longue et davantage de somnolence dans la journée.
Le moment d’utilisation est donc essentiel : une heure d’écran dans l’après-midi et une heure passée sur un smartphone au lit ne constituent pas nécessairement la même exposition.
Les écrans font-ils réellement baisser les résultats scolaires ?
C’est ici qu’une distinction importante s’impose.
Les recherches observent des associations, mais il serait scientifiquement excessif d’affirmer que chaque heure supplémentaire devant un écran provoque automatiquement une baisse déterminée des notes.
Une importante revue systématique et méta-analyse publiée dans JAMA Pediatrics a étudié la relation entre différents médias numériques et les performances scolaires des enfants et adolescents.
Les chercheurs ont inclus 58 études transversales dans leur revue systématique, représentant plus de 480 000 participants âgés de 4 à 18 ans.
Le résultat est intéressant parce qu’il montre justement pourquoi il faut éviter les raccourcis.
Le temps total passé devant les médias sur écran n’était pas significativement associé aux performances scolaires globales dans l’analyse regroupée. En revanche, certaines activités prises séparément présentaient des associations négatives. Le visionnage de télévision était notamment associé à des performances plus faibles dans certains domaines, tandis que les jeux vidéo présentaient également une association négative avec certains résultats scolaires.
Une revue systématique plus récente sur les comportements de mouvement, la cognition et les performances scolaires a elle aussi rapporté des associations défavorables entre temps d’écran et réussite scolaire dans les études concernées, tout en soulignant les limites et la qualité variable des preuves disponibles.
Il faut donc regarder ce que l’enfant fait sur son écran, et pas seulement additionner les minutes.
Pourquoi le manque de sommeil complique-t-il les apprentissages ?
Imaginez deux élèves ayant les mêmes capacités.
Le premier arrive en classe après une nuit correspondant à ses besoins habituels. Le second s’est couché très tard, a été réveillé par son téléphone et lutte contre la somnolence dès le premier cours.
Même si leurs capacités de départ sont similaires, ils ne commencent pas nécessairement leur journée dans les mêmes conditions.
1. L’attention peut devenir plus difficile
Pour apprendre, il faut d’abord être suffisamment attentif à l’information.
La fatigue peut compliquer le maintien de l’attention pendant un cours long, surtout lorsque l’élève doit rester concentré sur une activité peu stimulante.
Une consigne mal entendue peut ensuite entraîner une erreur qui n’a rien à voir avec la compréhension réelle de la matière.
2. Le sommeil participe aux processus de mémoire
Apprendre ne consiste pas seulement à recevoir de nouvelles informations.
Le cerveau doit aussi les traiter et les conserver afin de pouvoir les mobiliser plus tard.
C’est pourquoi sommeil et mémoire sont étroitement liés. Les recommandations pédiatriques sur la durée du sommeil mentionnent d’ailleurs l’apprentissage et la mémoire parmi les domaines associés à un sommeil régulier suffisant.
3. La somnolence peut affecter la journée scolaire
Dans une étude publiée en 2023 sur des adolescents scolarisés, les chercheurs ont observé des relations entre utilisation des écrans, durée du sommeil, somnolence diurne et performances scolaires. La durée du sommeil était inversement liée à la somnolence, qui était elle-même négativement associée aux performances scolaires.
Cette étude ne permet pas, à elle seule, de prouver un mécanisme universel. Elle illustre cependant bien le lien possible :
écrans → sommeil → vigilance dans la journée → fonctionnement scolaire.
4. L’humeur et l’autorégulation comptent aussi
Une journée scolaire demande bien plus que de la mémoire.
Il faut également gérer la frustration, patienter, organiser son travail, interagir avec les autres et rester motivé.
Un sommeil adapté est associé à une meilleure régulation émotionnelle et comportementale. La question du sommeil peut donc dépasser les seules notes obtenues lors d’un contrôle.
Tous les écrans ont-ils le même impact ?
Non, et cette distinction est essentielle.
Deux adolescents peuvent passer exactement deux heures devant un écran tout en ayant des usages radicalement différents.
L’un peut travailler sur un exposé, effectuer une recherche documentaire et discuter quelques minutes avec ses amis.
L’autre peut jouer ou regarder des vidéos jusque tard dans la nuit.
Additionner ces deux situations sous une seule catégorie « deux heures d’écran » masque une grande partie du contexte.
Il est donc utile d’examiner plusieurs dimensions :
| Facteur | Question à se poser |
| Moment | L’écran est-il utilisé juste avant ou après l’heure habituelle du coucher ? |
| Durée | L’utilisation empiète-t-elle régulièrement sur le sommeil ? |
| Contenu | S’agit-il de devoirs, vidéos, jeux, réseaux sociaux ou discussions ? |
| Contexte | L’enfant utilise-t-il plusieurs écrans simultanément ? |
| Contrôle | Peut-il arrêter facilement quand il le souhaite ? |
| Nuit | Le téléphone reste-t-il accessible pendant le sommeil ? |
| Conséquences | Est-il fatigué, somnolent ou moins attentif le lendemain ? |
Cette approche est généralement plus informative que de considérer tous les écrans comme identiques.
Un ordinateur utilisé pour terminer un devoir n’a évidemment pas la même fonction qu’une session de vidéos courtes prolongée jusqu’à une heure du matin.
Pour autant, un usage scolaire peut lui aussi retarder le sommeil s’il se prolonge très tard.
L’objectif n’est donc pas de déterminer si l’écran est « bon » ou « mauvais », mais d’identifier quand son utilisation commence à entrer en concurrence avec le sommeil, l’activité physique, les devoirs ou d’autres besoins essentiels.
Quels signes doivent alerter les parents ?
Une soirée occasionnelle devant un film ou un coucher plus tardif pendant le week-end ne signifie pas automatiquement qu’un enfant souffre d’un problème lié aux écrans.
C’est surtout la répétition et l’impact sur la vie quotidienne qui méritent l’attention.
Les parents peuvent notamment observer :
- des difficultés régulières à se lever le matin ;
- une fatigue importante dès le réveil ;
- de la somnolence pendant la journée ;
- un coucher repoussé à cause du téléphone, des jeux ou des vidéos ;
- des consultations nocturnes du smartphone ;
- des difficultés à arrêter l’écran au moment convenu ;
- une baisse persistante de l’attention ou de la concentration ;
- des devoirs retardés par les activités numériques ;
- un décalage important entre les horaires de semaine et de week-end.
Aucun de ces signes ne prouve à lui seul que les écrans sont responsables.
Une fatigue persistante ou des difficultés scolaires importantes peuvent avoir de nombreuses causes. Lorsque les troubles du sommeil sont durables, importants ou ont des conséquences marquées sur la vie quotidienne, un professionnel de santé peut aider à rechercher leur origine.
Comment améliorer le sommeil sans supprimer tous les écrans ?
L’interdiction totale est rarement la seule option envisageable.
Les écrans servent aussi à communiquer, apprendre, créer et travailler. Chez les adolescents, ils occupent également une place importante dans la vie sociale.
L’objectif peut donc être de protéger le sommeil plutôt que de mener une guerre permanente contre la technologie.
1. Commencer par mesurer la situation réelle
Avant d’imposer de nouvelles règles, observez pendant quelques jours :
- l’heure à laquelle l’enfant va réellement au lit ;
- son heure approximative d’endormissement ;
- l’heure du réveil ;
- l’utilisation numérique en soirée ;
- son niveau de fatigue au réveil ;
- sa somnolence pendant la journée.
Cela permet de distinguer une inquiétude générale d’un problème concret.
2. Déterminer une heure de coucher compatible avec le réveil
Partez de l’heure obligatoire du lever puis tenez compte du besoin de sommeil correspondant à l’âge.
Un adolescent qui doit se lever tôt ne peut pas simplement « récupérer » une nuit systématiquement trop courte en restant au lit beaucoup plus longtemps le week-end.
La régularité des horaires mérite donc également de l’attention.
3. Créer une période de transition avant le sommeil
Passer directement d’un jeu très stimulant ou d’un flux de vidéos au sommeil peut rendre la transition difficile.
Une période plus calme avant le coucher peut aider à installer une routine.
Elle peut être consacrée à la lecture, à la préparation des affaires pour le lendemain, à une douche ou simplement à un moment calme sans sollicitations numériques permanentes.
4. Éloigner le téléphone du lit
C’est une mesure simple et concrète.
Lorsque cela est adapté à la famille, le téléphone peut être rechargé dans une autre pièce ou suffisamment loin du lit pour ne pas être consulté automatiquement.
Un réveil classique peut remplacer la fonction réveil du smartphone si celle-ci sert de justification à sa présence près de l’oreiller.
5. Désactiver les notifications inutiles
Toutes les applications n’ont pas besoin d’envoyer des alertes pendant la nuit.
Les modes « Ne pas déranger », « Sommeil » ou leurs équivalents permettent généralement de limiter les interruptions tout en autorisant certains contacts importants.
6. Faire la différence entre usage scolaire et loisir
Dire « tu as passé quatre heures devant un écran » n’est pas toujours très informatif si trois heures étaient consacrées à un devoir.
Il est plus pertinent d’identifier ce qui pose réellement problème.
Si le loisir numérique repousse le coucher, c’est cette habitude qui doit être travaillée.
Si ce sont les devoirs qui se terminent régulièrement à minuit, il faut plutôt examiner l’organisation du travail, la charge scolaire ou les difficultés rencontrées.
7. Donner l’exemple au niveau familial
Il peut être difficile de convaincre un adolescent de poser son téléphone lorsque les adultes consultent constamment le leur pendant les repas ou juste avant de dormir.
Des règles communes peuvent être mieux comprises que des restrictions visant uniquement les enfants.
Par exemple, la famille peut décider de réserver certains moments ou espaces sans téléphone.
8. Modifier progressivement les habitudes
Une routine installée depuis plusieurs années ne disparaît pas nécessairement en une soirée.
Un objectif simple peut être plus réaliste : avancer progressivement l’arrêt des activités numériques du soir, réduire les notifications et protéger une heure de coucher plus régulière.
Le meilleur indicateur n’est pas uniquement le nombre de minutes d’écran économisées.
Il faut surtout observer si l’enfant dort suffisamment, se réveille plus facilement et fonctionne mieux pendant la journée.
FAQ
Les écrans avant de dormir font-ils baisser les notes ?
Pas automatiquement. Les études mettent en évidence des associations entre certains usages des écrans, le sommeil et les performances scolaires, mais elles ne permettent pas de conclure que quelques minutes d’écran avant le coucher provoquent directement une baisse des notes. L’impact dépend notamment du moment, de la durée, du contenu et de l’effet sur le sommeil.
Combien d’heures un adolescent devrait-il dormir ?
L’American Academy of Sleep Medicine recommande aux adolescents âgés de 13 à 18 ans de dormir régulièrement 8 à 10 heures par 24 heures. Pour les enfants de 6 à 12 ans, la recommandation est de 9 à 12 heures.
Pourquoi le téléphone peut-il empêcher un adolescent de dormir ?
Plusieurs mécanismes peuvent intervenir. Le smartphone peut retarder l’heure du coucher, maintenir une stimulation cognitive ou émotionnelle et rester accessible en cas de notification ou de réveil nocturne. Les études associent fréquemment l’utilisation des appareils numériques à un sommeil plus court ou de moins bonne qualité chez les adolescents.
Faut-il interdire complètement le téléphone le soir ?
Une interdiction totale n’est pas nécessairement adaptée à toutes les familles. Une stratégie plus ciblée consiste à protéger le sommeil : fixer une routine, réduire les usages stimulants à l’approche du coucher, couper les notifications et éviter, lorsque cela est possible, de garder le téléphone à portée de main pendant la nuit.
Les jeux vidéo ont-ils un impact sur les résultats scolaires ?
Certaines recherches observent une association négative entre pratique des jeux vidéo et certaines mesures de performances scolaires. Cependant, ces résultats ne signifient pas que tout jeu vidéo entraîne de mauvaises notes. La durée, l’horaire, le type d’utilisation et les habitudes de sommeil doivent notamment être considérés.
Le manque de sommeil peut-il provoquer des difficultés de concentration ?
Un sommeil insuffisant ou de mauvaise qualité peut être associé à des difficultés touchant notamment l’attention, l’apprentissage et la mémoire. Une fatigue importante peut ainsi compliquer certaines tâches scolaires. Des difficultés persistantes de concentration peuvent toutefois avoir de nombreuses autres causes.
Est-il préférable de laisser le téléphone hors de la chambre ?
Éloigner le téléphone du lit peut être une mesure pratique lorsqu’il entraîne des consultations tardives ou nocturnes. Cela réduit l’accès immédiat aux messages, vidéos, jeux et notifications au moment où l’enfant devrait dormir.
Les écrans utilisés pour les devoirs posent-ils aussi problème ?
L’usage scolaire doit être distingué de l’usage récréatif. Toutefois, même un travail utile sur ordinateur peut réduire le temps disponible pour dormir s’il se termine très tard. Dans ce cas, l’organisation des devoirs et du temps de travail mérite d’être examinée.
Conclusion
Le lien entre sommeil, écrans et résultats scolaires existe, mais il est plus complexe qu’une formule du type « plus d’écran = moins bonnes notes ».
Les recherches disponibles montrent que l’utilisation des écrans, particulièrement lorsqu’elle empiète sur la soirée ou la nuit, est fréquemment associée à un sommeil plus court ou de moins bonne qualité. De leur côté, la qualité du sommeil, la vigilance, l’attention et les apprentissages entretiennent des relations importantes.
Certaines études observent également une association directe entre certains usages numériques et de moins bonnes performances scolaires. Néanmoins, les résultats varient selon les activités étudiées et les méthodes utilisées, et une association statistique ne démontre pas toujours une causalité.
Pour les parents, la priorité n’est donc pas nécessairement de supprimer tous les écrans. Une approche plus utile consiste à observer quand, comment et pourquoi ils sont utilisés, puis à protéger suffisamment de temps pour dormir.
Une routine régulière, un téléphone moins accessible la nuit, des notifications limitées et une transition calme avant le coucher constituent des pistes simples pour commencer.
Lorsque le sommeil est mieux protégé, l’enfant ou l’adolescent dispose au moins de meilleures conditions pour aborder sa journée scolaire avec suffisamment de vigilance et d’énergie.
Sources
- American Academy of Sleep Medicine (AASM) — Recommended Amount of Sleep for Pediatric Populations: A Consensus Statement. Recommandations : 9 à 12 heures pour les 6–12 ans et 8 à 10 heures pour les 13–18 ans.
https://aasm.org/resources/pdf/sleepdurationrecommendations.pdf - Hale L., Guan S. — Sleep Medicine Reviews (2015) — Screen time and sleep among school-aged children and adolescents: a systematic literature review. Revue de 67 études consacrées au temps d’écran et au sommeil.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/25193149/ - da Silva S. S. et al. (2022) — Use of digital screens by adolescents and association on sleep quality: a systematic review. Revue systématique sur l’utilisation des écrans et la qualité du sommeil des adolescents.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/36259788/ - Adelantado-Renau M. et al. — JAMA Pediatrics (2019) — Association Between Screen Media Use and Academic Performance Among Children and Adolescents: A Systematic Review and Meta-analysis.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/31545344/ - Musshafen L. A. et al. — Sleep Medicine (2021) — Associations between sleep and academic performance in US adolescents: a systematic review and meta-analysis.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33991893/ - Screen use, sleep duration, daytime somnolence, and academic failure in school-aged adolescents (2023) — étude examinant les relations entre écrans, sommeil, somnolence et performances scolaires.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/36787301/
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